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SOUVENIRS D'UNE ACTRICE

PAR

Mme LOUISE FUSIL.

«Les années, les heures ne sont pas des mesures de la durée de la vie; une longue vie est celle dans laquelle nous nous sentons vivre; c'est une vie composée de sensations fortes et rapides, où tous les sentiments conservent leur fraîcheur à l'aide des associations du passé.

«LADY MORGAN.»
PARIS.
DUMONT, ÉDITEUR.

1841.

VOYAGE EN SUÈDE, FAISANT SUITE AUX SOUVENIRS D'UNE ACTRICE

Les années, les heures ne sont pas des mesures réelles de la durée de la vie; une longue vie est celle dans laquelle nous vivons à tous les instans et nous sentons vivre; une vie où les sentimens conservent leur fraîcheur à l'aide des associations du passé, où l'imagination est continuellement éveillée par une continuation d'images; une vie, enfin, qui, en nous faisant sentir le bienfait ou le fardeau de l'existence, nous donne toujours la conscience de ce que nous devons être. (LADY MORGAN.)

CHAPITRE PREMIER.

Départ pour la Suède.—La Finlande.—Ville d'Abo.—L'île de
Singelshar.—Les Rochers.—Le Golfe de Bothnie.—Mes Compagnons de
Voyage.

N'ayant pu obtenir un passeport à Vilna pour retourner en France, ce fuiau mois de février 1813 que je partis pour la Suède, avec quelquesartistes du Théâtre-Français de Saint-Pétersbourg.

Nous passâmes par la Finlande. Arrivés à la ville d'Abo, anciennecapitale finoise, nous traversâmes les détroits de la Baltique, quiséparent les îles de l'Archipel, auxquelles l'île d'Aland donne son nom.Les détroits étaient entièrement gelés. Cette traversée est fortdangereuse: les vents et les courans rompent souvent ces immensesglaces; alors, malheur aux voyageurs qui s'y confient!

Nous nous trouvions donc sur les bords de la mer d'Aland, bras de laBaltique d'une longueur de 7 lieues, lequel sépare la Finlande de laSuède. L'approche du printemps présente des dangers d'une autre espèce:les dégels subits augmentent le péril à un tel point qu'on est obligéd'expédier le double des dépêches par Tornéo, chef-lieu de la Laponie,en prévision des cas où les premières n'arriveraient pas, ce qui forceles courriers à faire le tour du golfe Bothnique. Cet immense détourprouve assez les difficultés de la voie directe. C'est au mois de marsque les lacs commencent à n'avoir plus assez de solidité pour supporterun traîneau.

J'avais grande envie de faire comme les dépêches, et de passer par laLaponie, pays curieux à connaître d'ailleurs, et, pendant que j'étais entrain de voyager pour mon instruction (c'était après la retraite deRussie), il ne m'en eût pas coûté davantage. Mais on me fit un teltableau du froid, surtout dans cette saison, que je commençai àréfléchir, et je pensai que de deux dangers il fallait choisir lemoindre. Je savais déjà, par expérience, ce que c'était de manquer devivres, et l'on ne peut en conserver dans une semblable température, quimonte à 40 degrés; j'avais trouvé que c'était bien assez de 30.

Nos pilotes nous conduisirent d'Echero au r

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