L'orthographe a été conservé mais harmonisélorsque les mots se trouvaient écrits de différentes façons; seulesles erreurs évidentes de typographie ont été corrigées. Lesmajuscules qui le demandaient ont toutefois été accentuées.La page annonçant les autres œuvres de l'auteur a étédéplacée à la fin de cette version électronique.
biographies,
portraits, récits et légendes,
par
PARIS
bray et retaux, libraires-éditeurs
rue bonaparte, 82.
1872
(Droits de traduction et de reproduction réservés.)
Jean-Baptiste de la Salle, né à Reims en 1651, étaitfils d'un conseiller au présidial de cette ville et demademoiselle Moit de Brouillet. Il reçut au baptême lenom de Jean-Baptiste. «On aura lieu de juger dans lasuite, dit le père Garreau qui écrit d'après des mémoiresoriginaux et authentiques, qu'il méritait biende porter ce nom puisqu'on le verra joindre la vie laplus pénitente à une innocence qui ne s'est jamaisdémentie.»
Après avoir fait ses humanités au collége de Reims,il déclara à ses parents qu'il se croyait appelé à l'étatecclésiastique, et reçut, à l'âge de dix-sept ans, latonsure des mains de son archevêque. Puis, quoiquepourvu immédiatement selon l'usage du temps d'uncanonicat dans l'église métropolitaine, il se rendit àParis pour y faire ses études théologiques au séminaire[Pg 2]de St-Sulpice. C'était le désir de ses parents, désir auquel ilétait heureux de se conformer. Moins de deux annéesaprès, une double et douloureuse catastrophe vint l'arracherà sa studieuse retraite. Il perdit, à quelquesmois de distance, son père et sa mère qu'il aimait tendrement,et, quoique âgé de vingt et un ans à peine,devenu chef de famille comme l'aîné de tous, il dutrevenir à Reims pour veiller sur ses frères et sœurs plusjeunes. «Il se mit au fait des affaires domestiques etpourvut à tout par sa prudence. Les conseils qu'il sutdemander suppléèrent à son peu d'expérience, de sortequ'on n'eut point de fautes à lui reprocher.» Du reste,il restait fidèle à sa vocation; mais, sa profonde humilité,dit son historien, lui fit prolonger beaucoup letemps des interstices prescrits par l'Église. Ordonnédiacre en 1676, il ne reçut la prêtrise que deux annéesaprès, la veille de Pâques.
Un de ses amis, l'abbé Roland, chanoine et théologalde l'église de Reims, lui avait, en mourant, recommandéla communauté des Filles ou sœurs de l'EnfantJésus, établie par ses soins dans cette ville et à laquellese montraient peu favorables le maire et les échevins.Cependant on avait peine à s'expliquer ces préventions,car les pieuses filles «s'acquittaient avectoute la fidélité possible des fonctions de zèle propres àleur institut. Depuis qu'elles instruisaient les orphelineset les autres enfants de leur sexe, on remarquaitle changement le plus consolant dans cette jeunesse quidonnait auparavant de justes craintes pour l'avenir.»
L'abbé de la Salle, avec un grand zèle, s'employapour les sœurs et, grâce à ses efforts, la communautéfut approuvée définitivement par l'ordinaire et confir[Pg 3]méepar lettres patentes du roi. Il s'