A
TIN-TUN-LING
Poëte chinois
CE LIVRE EST DÉDIÉ.
J. W.
Avril 1867.
Selon Tchan-Tiou-Lin.
La jeune femme qui rêve accoudée à safenêtre, je ne l'aime pas à cause de lamaison somptueuse qu'elle possède au borddu Fleuve Jaune;
Mais je l'aime parce qu'elle a laissé tomberà l'eau une petite feuille de saule.
Je n'aime pas la brise de l'est parce qu'ellem'apporte le parfum des pêchers en fleurs quiblanchissent la Montagne Orientale;
Mais je l'aime parce qu'elle a poussé ducôté de mon bateau la petite feuille de saule.
Et la petite feuille de saule, je ne l'aimepas parce qu'elle me rappelle le tendreprintemps qui vient de refleurir;
Mais je l'aime parce que la jeune femme aécrit un nom dessus avec la pointe de sonaiguille à broder, et que ce nom, c'est lemien.
Selon Tin-Tun-Ling.
La jeune fille qui travaille tout le jour danssa chambre solitaire est doucement émuesi elle entend tout à coup le son d'une flûtede jade;
Et elle s'imagine qu'elle entend la voixd'un jeune garçon.
A travers le papier des fenêtres, l'ombredes feuilles d'oranger vient s'asseoir sur sesgenoux;
Et elle s'imagine que quelqu'un a déchirésa robe de soie.
Selon Li-Taï-Pé.
Des jeunes filles se sont approchées de larivière; elles s'enfoncent dans les touffesde nénuphars.
On ne les voit pas, mais on les entend rire,et le vent se parfume en traversant leursvêtements.
Un jeune homme à cheval passe au bord dela rivière, tout près des jeunes filles.
L'une d'elles a senti son cœur battre et sonvisage a changé de couleur.
Mais les touffes de nénuphars l'enveloppent.
Selon Tchang-Tsi.
Tu m'offres deux perles brillantes; bienque je détourne la tête, mon cœur pâlitet s'émeut malgré moi.
Un instant je les pose sur ma robe, cesdeux perles claires; la soie rouge leur donnedes reflets rosés.
Que ne t'ai-je connu avant d'être mariée!Mais éloigne-toi de moi, car j'appartiens à unépoux.
Au bord de mes cils, voici deux larmestremblantes; ce sont tes perles que je terends.
Selon Tse-Tié.
J'ai cueilli une pet