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LE LIVRE DE JADE

PAR

JUDITH WALTER

PARIS
ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR
47, Passage Choiseul, 47
M.DCCC.LXVII

A

TIN-TUN-LING

Poëte chinois

CE LIVRE EST DÉDIÉ.

J. W.
Avril 1867.


[p. 5]

LES AMOUREUX


LA FEUILLE DE SAULE

Selon Tchan-Tiou-Lin.

La jeune femme qui rêve accoudée à safenêtre, je ne l'aime pas à cause de lamaison somptueuse qu'elle possède au borddu Fleuve Jaune;

Mais je l'aime parce qu'elle a laissé tomberà l'eau une petite feuille de saule.

[p. 6]

Je n'aime pas la brise de l'est parce qu'ellem'apporte le parfum des pêchers en fleurs quiblanchissent la Montagne Orientale;

Mais je l'aime parce qu'elle a poussé ducôté de mon bateau la petite feuille de saule.

Et la petite feuille de saule, je ne l'aimepas parce qu'elle me rappelle le tendreprintemps qui vient de refleurir;

Mais je l'aime parce que la jeune femme aécrit un nom dessus avec la pointe de sonaiguille à broder, et que ce nom, c'est lemien.


[p. 7]

L'OMBRE DES FEUILLES D'ORANGER

Selon Tin-Tun-Ling.

La jeune fille qui travaille tout le jour danssa chambre solitaire est doucement émuesi elle entend tout à coup le son d'une flûtede jade;

Et elle s'imagine qu'elle entend la voixd'un jeune garçon.

[p. 8]

A travers le papier des fenêtres, l'ombredes feuilles d'oranger vient s'asseoir sur sesgenoux;

Et elle s'imagine que quelqu'un a déchirésa robe de soie.


[p. 9]

AU BORD DE LA RIVIÈRE

Selon Li-Taï-Pé.

Des jeunes filles se sont approchées de larivière; elles s'enfoncent dans les touffesde nénuphars.

On ne les voit pas, mais on les entend rire,et le vent se parfume en traversant leursvêtements.

[p. 10]

Un jeune homme à cheval passe au bord dela rivière, tout près des jeunes filles.

L'une d'elles a senti son cœur battre et sonvisage a changé de couleur.

Mais les touffes de nénuphars l'enveloppent.


[p. 11]

L'ÉPOUSE VERTUEUSE

Selon Tchang-Tsi.

Tu m'offres deux perles brillantes; bienque je détourne la tête, mon cœur pâlitet s'émeut malgré moi.

Un instant je les pose sur ma robe, cesdeux perles claires; la soie rouge leur donnedes reflets rosés.

[p. 12]

Que ne t'ai-je connu avant d'être mariée!Mais éloigne-toi de moi, car j'appartiens à unépoux.

Au bord de mes cils, voici deux larmestremblantes; ce sont tes perles que je terends.


[p. 13]

LA FLEUR DE PÊCHER

Selon Tse-Tié.

J'ai cueilli une pet

...

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