Au lecteur

LE BOSSU.


Bruxelles.—Imp. de E. Guyot, succ. de Stapleaux,
rue de Schaerbeek, 12.


COLLECTION HETZEL.


LE BOSSU

AVENTURES DE CAPE ET D'ÉPÉE

PAR

PAUL FÉVAL.

6


Édition autorisée pour la Belgique et l'Étranger,
interdite pour la France.


LEIPZIG,

ALPHONSE DÜRR, LIBRAIRE-ÉDITEUR.


1857


TABLE DES CHAPITRES
DU SIXÈME VOLUME

LE CONTRAT DE MARIAGE.

(SUITE.)

XIII

5

—La signature du bossu.—

Madame la princesse de Gonzague avait passé toute la journée précédentedans son appartement, mais de nombreux visiteurs avaient rompu lasolitude à laquelle la veuve de Nevers se condamnait depuis tantd'années.

Dès le matin, elle avait écrit plusieurs lettres. Les visiteursempressés apportaient eux-mêmes leurs réponses.

C'est ainsi qu'elle reçut M. le cardinal de Bissy, M. le duc de Tresmes,gouverneur de Paris, M. de Machault, lieutenant de police, M. le 6président de Lamoignon et le vice-chancelier Voyer d'Argenson.

A tous, elle demanda aide et secours contre M. de Lagardère, ce fauxgentilhomme qui lui avait enlevé sa fille. A tous, elle raconta sonentretien avec ce Lagardère qui, furieux de ne point obtenirl'extravagante récompense qu'il avait rêvée, s'était réfugié derrièred'effrontés démentis.

On était outré contre M. de Lagardère. Il y avait, en vérité, de quoi.

Les plus sages, parmi les conseillers de madame de Gonzague, furent biend'avis que la promesse même faite par Lagardère, la promesse dereprésenter mademoiselle de Nevers, était une première imposture, maisenfin il était bon de savoir.

Malgré tout le respect dont on affectait d'entourer le nom de M. leprince de Gonzague, il est certain que la séance de la veille avaitlaissé contre lui dans tous les esprits de fâcheux souvenirs.

Il y avait en tout ceci un mystère d'iniquité que nul ne pouvait sonder,mais qui mettait martel en tête à chacun.

Est-il irrévérencieux d'affirmer qu'il y a toujours dans ce vertueuxzèle du magistrat une bonne dose de curiosité?

7

Monseigneur de Bissy avait le premier flairé quelque prodigieuxscandale. Le flair s'éveilla peu à peu chez les autres. Et dès qu'on futsur la piste du mystère, on se mit en chasse résolûment.

Tous ces messieurs se jurèrent de n'en avoir point le démenti.

On conseilla d'abord à madame la princesse de se rendre au Palais-Royalafin d'éclairer pleinement la religion de M. le régent. On lui conseillasurtout de ne point accuser son mari.

Elle monta en litière vers le milieu du jour et se rendit auPalais-Royal où elle fut immédiatement reçue. Le régent l'attendait.

Elle eut une audience d'une longueur inusitée. Elle n'accusa point sonmari.

Mais le régent interrogea, ce qu'il n'avait pu faire durant le tumultedu bal.

Mais le régent, en qui le souvenir de Philippe de Nevers, son meilleurami, son frère, s'éveillait violemment depuis deux jours, remonta toutnaturellement le c

...

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