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1840.




LA PHYSIOLOGIE DES POUPÉES.




I.

UN PÈRE.

Quatre poupées entrèrent un jour à lafois rue des Pyramides. Cela fit quelquesensation chez les voisins de l'heureusemaison où se précipitaient ces charmantesétrangères, car elles étaient pleines d'éclat,de décence et de fraîcheur dans leurs parures.

Une vieille gouvernante les reçut dansle vestibule du second étage, les prit desbras de la personne qui les apportait, etles rangea derrière un rideau, comme elleen avait reçu l'instruction, puis courut avertirson maître, arrivé, depuis quelques joursd'un grand voyage; il parut un momentaprès, suivi de quatre enfants qu'il fit rangerautour d'un excellent déjeuner préparépour eux.

Cet homme, d'une taille légèrement courbée,quoique jeune encore, les assit lui-mêmeauprès de lui d'un air doux et triste.Il était le père des enfants et revenait leurtenir lieu d'une mère charmante, qu'ilsavaient perdue. Rien ne pouvait retenirM. Sarrasin à la vie, que le dessein irrévocabled'être à la fois le père et la mèrede cette petite famille groupée autour delui. Forcé à de fréquents voyages dans l'intérêtde tous, il n'avait pu depuis trois anscultiver lui-même ces jeunes plantes dontil ignorait entièrement les caractères. Leursjours s'étaient passés depuis six mois, dansune pension, où elles avaient senti moinscruellement l'absence de leur mère et laprivation momentanée de ce jeune père,qui leur était enfin rendu! C'était leur troisièmeréunion depuis son retour béni, etvous avez déjà jugé qu'ils s'occupaient desmoyens d'assurer leur bonheur. Il ne luien restait pas d'autre.

Il se leva quand le déjeuner fut fini et latable remise en ordre.

Voici, dit-il en tirant le rideau qui cachaitles belles visiteuses, quatre petitescompagnes que je veux associer à notrevoyage de Saint-Denis.

Un saisissement de plaisir fit manquerla voix aux quatre soeurs, qui levèrent leursbras, en criant:

—Oh! papa! oh! papa! qu'elles sontjolies!

Ce n'est pas sans dessein, reprit-il, qu'ellessont arrivées ainsi pour vous chercher.Elles ont sans doute désiré un asile près dechacune de vous. Leur choix doit êtreécrit d'avance dans leur billet de visite.

Toutes se précipitèrent sur les petites mainsà ressorts des poupées qui tenaient unecarte de visite. Albertine, l'aînée, y lut sonnom (car elle savait lire l'écriture), l'adresseétait ainsi conçue: Prudente pour Albertine.Augusta, Marceline et Valérie yépelèrent aussi leurs noms et ce furentdes cris, des embrassements, qui firent coulerla joie jusqu'au coeur de leur père.

—Élevez-les bien, dit-il avec une tendressesérieuse, et rendez-moi un comptefidèle de leurs penchants: ce sont vos filles.

Albertine emporta la sienne dans sesbras avec un maintien de petite mamantout à fait composé, la regardant avec unair de tendre protection qui fit bien augurerà monsieur Sarrasin de l'avenir de lapoupée, qu'elle appela sur le champ:—mafille.

Augusta saisit vivement Lutine par le milieudu corps, et lui appliqua deux grosbaisers qui dérangèrent un peu sa coiffure.Valérie soutint Péri par ces deux mains délicates,en la faisant sauter en mesure surun pas

...

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