Fondé à Genes l'année de notre Salut 1604
Réimprimées à Genes, & accommodéesà la pratique de l'observance desConstitutions pour les Monastéres dumême Ordre.
L'Année M. DC. XXIV.
Sur l'Imprimé à Paris.
A BESANÇON,
Chez Jean-louis Boudret, Imprimeur& Marchand-Libraire,proche les Jesuites.
M. DCC. XLV.
De la maniere dont laPrieure doit gouverner, tirée del'Institut & des Avis que notrePere St Augustin lui donne danssa Régle.
Parce que la charité après Dieu commence par soi-même, & ensuites'étend envers le prochain. Il est nécessaire de voir premierementcomment la Mere se doit comporter envers soi-même, tant pour ce quiconcerne l'esprit, comme pour le regard du corps. Secondement, enversla Communauté. Troisiémement, envers chacune des Sœurs enparticulier; tant pour ce qui est de l'Institut, comme pour lesrépréhensions, & le soin corporel.
La Mere Prieure considerera souvent les paroles que notre Pere StAugustin dit dans sa Régle, sçavoir. Qu'elle ne s'estime pasheureuse pour avoir la liberté de commander aux autres, mais parce quepar là elle a occasion de les servir en charité.
Qu'elle soit préferée aux Sœurs devant les hommes; mais devantDieu qu'elle se regarde comme devant être dessous les pieds de toutes,& qu'elle se montre à toutes aussi un exemple de vertus.
Et plus elle paroît dans un lieu éminent, plus elle est en granddanger, comme devant rendre compte à Dieu pour toutes les Sœurs.
Elle ajoûtera à ces considerations, que comme elle a été élûë à cetOffice pour faire avancer les Sœurs dans la perfection, &pour leur faire observer les Régles de leur Institut, elle doit faireson possible pur les inviter à cette perfection, plus par les exemplesque par les paroles; observant parfaitement les Régles communes, &donnant exemple à toutes des vertus qu'elle désire en elles, agissanten toutes occasions avec charité & douceur. Et comme elle se doitapliquer au gouvernement avec une grande vigilance, ainsi il convientqu'elle s'adonne encore avec un plus grand soin à l'étude de l'Oraison,par laquelle elle doit soutenir le Monastére.
Quoi qu'en toutes choses, elle doive éviter la singularité autant qu'illui sera possible, cependant il est convenable qu'elle ait dans toutesses nécessités ce dont elle aura besoin. Et lorsqu'en tel cas ellen'auroit pas soin d'elle-même, sous prétexte de donner édification, laSous-Prieure & les Discrettes y doivent diligemment prendre garde,& faire qu'elle obéisse, & qu'elle vive de la façon qu'elle lejugeront nécessaire pour sa conservation.
Le bien commun du Monastére se peut considerer. Premierement, en ce quia raport à l'esprit. Secondement, pour ce qui concerne le gouvernement.Troisiémement, dans ce qui regarde la santé des Sœurs.Quatriémement, à l'égard de la conservation des revenus.
Et sur tout cela, qu'elle considere bien l'avis que lui donne notrePere St Augustin dans sa Régle.
Qu'il convient principalement à la Prieure de faire ensorte quetoutes les Régles soient observées. Et que s'il y en a quelqu'une quin'ait pas été bien observée, qu'elle ne passe point néglig